Body / Head – Coming Apart

body-head-coming-apartDeux ans après la mise en sommeil du monstre Sonic Youth, Thurston Moore et Lee Ranaldo, n’ont pas été avares de projets et de tournées. Pourtant, force est de constater qu’ils n’ont pas réussi à toucher du doigt la puissance inégalée de leur collaboration passée. Leurs disques respectifs sont fort honnêtes mais ne suscitent pas d’enthousiasme démesuré. Reste le cas de Kim Gordon qu’on imaginait finalement plus portée vers les arts plastiques que le rock’n’roll tant elle paraissait détachée dans les dernières années du groupe. Finalement, il faut bien le dire, on n’attendait plus grand chose d’elle dans le domaine musical.

C’est donc avec un brin de curiosité mais sans rien attendre de particulier que j’ai mis Coming Apart dans la platine. Et là, il faut bien le dire, je me suis pris une des plus grosses claques de l’année. Ces 10 morceaux étalés sur 68 minutes – le plus long dure 17 minutes – m’ont laissé littéralement sans voix. Comment peut-on infliger un disque de spoken word de cette durée sans susciter une moindre seconde d’ennui. Le dispositif est simple à pleurer : une guitare à gauche, l’autre à droite et la voix de Kim Gordon qui scande, hurle, souffle, passe de l’intimité à la tempête dévastatrice.

Il faut bien sûr préciser que Body / Head n’est pas un projet solo mais bien un véritable duo qui n’aurait pas la même puissance de feu sans l’apport sonique du guitariste Bill Nace. On pense parfois à Sonic Youth, d’autres fois à Throbbing Gristle, mais on est le plus souvent dans un territoire vierge qu’aucun musicien de rock n’est encore venu défricher. Du grand art!

Matador Records – OLE-1042-2

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Sonic Youth – Smart Bar – Chicago 1985

smart barSonic Youth étant désormais en hibernation prolongée (définitive ?), le groupe commence à explorer et publier ses archives sonores. Cet exercice d’auto-analyse peut parfois sombrer corps et âme par manque de recul critique et nous livrer des tonnes de rebus dont l’intérêt est parfois plus que discutable. Les Lost Tapes de Can publiées plus tôt cette année prouvent au contraire qu’un tri minutieux dans les archives d’un groupe majeur peut devenir très instructif sur le processus créatif dudit groupe et révéler à la face du monde des pépites qui auraient pu tomber dans le néant. Avec les disques publiés sur le label SYR, Sonic Youth nous avait par ailleurs prouvé que certaines improvisations en studio ou en live méritaient amplement leur publication.

Sonic Youth nous propose ici l’enregistrement a priori intégral d’un concert donné en 1985. Il s’agit d’un moment charnière pour le groupe, puisque nous assistons ici à un des premiers concerts de la formation « classique » du groupe, en quatuor avec Steve Shelley. Le répertoire proposé puise majoritairement dans les trois premiers albums et surtout dans Bad Moon Rising. La qualité de l’enregistrement est honnête malgré un début assez brouillon et rend justice à l’abrasivité et parfois la violence que déploie le groupe à cette époque. Une mention particulière pour The Burning Spear qui déploie ici toute sa violence et me remémore un souvenir ému d’un concert en 2008 à Saint-Nazaire où ce même morceau m’avait laissé presque hébété. Deux morceaux du futur EVOL sont également joués, dont Expressway to your Skull qui a alors presque trouvé sa forme définitive et se positionne déjà comme un grand classique du groupe.

Cet album reste avant tout un document précieux pour les fans absolus du groupe (dont je suis) mais ne saurait remplacer pour les novices l’écoute des trois albums que le groupe va dérouler après 1985, à savoir EVOL, Sister et Daydream Nation. 

Goofin’ Records – GOO-016

Sonic Youth bouge encore

C’était il y a  quelques jours à la télé américaine. Toujours ce même frisson qui m’envahit à l’écoute de ‘Cross the Breeze

Un nouveau SYR (il s’agit de la BO du film Simon Werner a disparu) va paraître dans les prochains jours. Quelques titres sont en écoute sur la Mixtape que le groupe vient de publier sur son site :

http://www.sonicyouth.com/jukebox/jukebox.html