The Ex + Getatchew Mekuria – La Gaîté Lyrique – 10 juillet 2012

Second concert de The Ex cette année. Toujours cette sensation de voir sur scène le meilleur groupe de rock du monde (carrément), sensation que je ne peux malheureusement jamais retrouver sur disque. The Ex est définitivement pour moi un groupe de scène.

Ils étaient accompagnés ce soir par le saxophoniste ethiopien Getachew Mekuria, et d’une section d’instruments à vent où l’on pouvait reconnaître Xavier Charles (Clarinette) et Ken Vandermark (Saxophone baryton). Ce qui est frappant avec The Ex, c’est la perméabilité de leur musique à d’autres influences (Europe de l’Est, Afrique, Jazz…). Ces apports sont assimilés, enrichissent le punk rock du groupe, sans jamais le dénaturer.

Terrie et Andy s’amusent sur scène comme des gamins quand Katherine, grande prêtresse du temple rythmique, donne la mesure de chaque morceau pour mieux permettre les dérapages les plus extrêmes sans jamais sortir de la route. Du grand, art assurément. Il faut aller écouter The Ex en concert !

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Jim O’Rourke – The visitor (2009)

Dix ans après Insignificance, après avoir été pendant cinq ans membre de Sonic Youth (et avoir probablement aidé le groupe à se sortir de l’ornière esthétique dans laquelle il s’était embourbé, entre les tentations avant-gardistes et la pop-music), puis s’être exilé au Japon, Jim O’Rourke revenait en solo dans les bacs en 2009 avec un vrai disque de musique pop.

Cet album, constitué d’un seul morceau de 38 minutes, est une longue méditation aux orchestrations subtiles, avec ses moment enlevés, ses parties calmes et méditatives. Jim O’Rouke y joue habilement sur les contrastes quand un banjo vient subitement se heurter à un piano neurasthénique. Malgré quelques guitares électriques qui viennent relever le propos, ce sont les instruments acoustiques qui dominent. La prise de son est d’une chaleur incroyable, et l’auteur nous encourage d’ailleurs à l’écouter sans casque et à fort volume pour bien la ressentir.

Dans cet enregistrement dédié à Derek (Bailey ?), Jim O’Rourke, en fin connaisseur, disperse à bon escient quelques références bien senties et contextualisées. Le fantôme de John Fahey semble nous tourner autour pendant une bonne partie l’écoute. Nous avons ici un travail d’orfèvre et il serait dommage de passer à côté. Mais attention, on est encore en présence d’un disque fortement addictif.

Drag City – DC375