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The Beauty of Analogic Music

Lescalleet - 2714

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Je te demande…

Au moment au Manset revisite son répertoire, retour sur un des plus grands disques de chansons gravé en France dans les années 80.

Sonic Protest 2014

IMG_20140408_215119 En 10 ans, Sonic Protest est devenu un rendez-vous incontournables pour ceux qui n’ont pas peur de se faire plaisir aux oreilles. Sans sacrifier à la qualité, la programmation devient de plus en plus éclectique. Qui ose encore se permettre de mettre à la même affiche le même soir Brigitte Fontaine et Jericho, le tout dans une église ?

Mon point-de-vue ne sera que partiel car je n’ai pu assister qu’à trois soirées. Voici ce qui m’aura marqué.
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– Jericho : projet de Yann Gourdon (France), Jericho ne joue que sur des instruments traditionnels (vielle à roue, cornemuse…). Cette musique est hypnotique, envoûtante, à la fois moderne et archaïque.

Brigitte Fontaine & Areski : Un récital acoustique et sobre de la diva des palaces. Derrière la folie du personnage, se cache une personnalité hors norme, avec une conscience aigüe du monde. Pas de rappel. Dommage.





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Zeitkrazer :
ensemble allemand de musique contemporaine, Zeitkrazer s’est fait pour spécialité de se frotter au monde de la noise (relecture / réinterprétations de Metal Machine Music ou de la musique de White House). Malgré un départ un peu poussif et quelques problèmes de sonorisation, l’ensemble est parvenu à conquérir l’espace acoustique de l’Eglise Saint-Merry.

Sound of Silence : ce fut le pari fou du festival. Un DJ set composé uniquement de morceaux silencieux délicieusement accompagné par la rumeur du bar. Qu’en penser ? Hommage à John Cage ?

Merzbow : Masami Akita a délivré un set compact et soutenu, saturant l’espace sonore de l’église Saint-Merry sans jouer la sur agressivité, le tout ponctué d’un groove industriel ravageur. Du grand art.
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– Groupe Inerane :
deux guitaristes / chanteurs nigériens jouent des mélodies du Ténéré teintées de psychédélisme. Sans sombrer dans la démonstration, c’est terriblemeIMG_20140411_205808nt efficace. Ce concert m’a vraiment donné envie de m’intéresser de plus près à cette musique.

Thurston Moore : éternel adolescent, Moore a débuté son set de manière plutôt dilettante avant de se concentrer sur son sujet. Rejoint par Lee Ranaldo, nous avons eu droit à un duel de guitare sous le haut patronage du Larsen.

Lee Ranaldo : solo apocalyptique. Thank you Mr Lee!

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Sergio Merce – Microtonal Saxophone

114 mep_1Le label Potlatch continue son oeuvre salutaire de défrichage des potentiels sonores exprimés. Cette fois, il nous présente Sergio Merce, un musicien argentin, proche de Lucio Capece, qui est saxophoniste de formation.

Le saxophone microtonal de Sergio Merce est préparé : les clés et autres mécanismes d’origine ont été démontés et remplacés par un dispositif à base d’eau ou de gaz comprimé. Complété d’une pédale de « Sustain » permettant la prolongation artificielle des sons générés, ce saxophone lui permet d’aller explorer le monde merveilleux des micro-tonalités.

Ce CD, relativement court, est divisé en quatre plages où Sergio Merce explore le potentiel de son dispositif. La superposition des strates sonores, même si elle n’atteint pas la puissance de la musique de Phill Niblock, crée rapidement un espace sonore envahissant et entêtant, ponctué par les sons résiduels du mécanisme qui, sans totalement dévoiler les arcanes de cette création, permet à l’auditeur d’en effleurer l’essence. Car au-delà, du magnifique rendu sonore qu’offre ce disque, c’est bien l’expérimentation d’un processus novateur de génération sonore à partir d’un instrument classique qui est documentée ici.

Les mauvaises langues diront que c’est un disque de musique minimaliste de plus. C’est ignorer la richesse des univers sonores que les approches non orthodoxes peuvent créer et pour peu que l’on fasse l’effort de s’imerger dans cet univers, c’est aussi un plaisir renouvelé pour les oreilles. A ne pas bouder, donc!

Potlatch – P114

Stéphane Rives – Les Instants Chavirés – 27 février 2014

Cela fait belle lurette que Stéphane Rives navigue bien au-delà des limites communément explorées par ses collègues saxophonistes. Il n’y a guère que le frêle esquif de Michel Doneda (un autre autodidacte de l’instrument) qui se permet d’aller naviguer dans ces eaux inexplorées. Délaissant donc les grandes routes maritimes Stéphane Rives va explorer les registres limites du soprano et cela vit : ça souffle, ça coule, ça gratte… la vie quoi, dans ce qu’elle a de plus banal et en même temps de plus vivant. Car Stéphane Rives est sans doute plus vivant que la plupart des saxophonistes que j’ai pu écouter dans le monde de l’improvisation libre. Sa musique s’incarne littéralement, elle prends corps. Là où d’autres ne font que remplir le silence, Stéphane Rives meut son corps/saxophone dans l’air. Ses mouvements son lents, délicats, subtils, minimalistes. Sa musique est exigeante : elle réclame une forte attention et beaucoup de concentration. Mais l’effort en vaut la peine.

Stéphane Rives jouait ce soir (dans une obscurité anti-spectaculaire)  aux Instants Chavirés… et il n’a pas eu l’écoute qu’il méritait…

Jason Lescalleet – Les Instants Chavirés – 21 février 2014

IMG_20140221_230717 Depuis le choc reçu en 2012 avec Songs About Nothing, je mourrais d’envie d’écouter en concert la musique de Jason Lescalleet. L’auteur de ce disque coup de poing tiendrait-il la distance sur scène ? C’est donc avec curiosité et peut-être la crainte d’être déçu que j’allais aux Instants en ce vendredi soir.

Jason Lescalleet est monté sur scène vers 22h00. Son dispositif est plus étoffé que je ne l’imaginais : platine vinyle, laptop et table de mixage. La musique jouée ce soir-là fut moins violente, moins bruitiste que ce à quoi je m’attendais. Jason Lescalleet maîtrise néanmoins son affaire admirablement, jouant subtilement avec des ambiances montant crescendo, des micro-accidents sonores et des détournements de pops songs méconnaissables.

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Jason Lescalleet confirme donc que l’intérêt et la curiosité que je lui prête ne sont pas inutiles tant il se positionne comme un des grands sculpteurs de sons actuels. On regrettera la courte durée du set (45 minutes environ) tant la musique jouée ce soir-là avait un indéniable pouvoir envoûtant. La fin abrupte m’a laissé comme une sensation d’inachevé. Dommage…

Michel Cloup – La Gaîté Lyrique – 18 février 2014

IMG_20140218_221757Cela fait 20 ans que Michel Cloup fait plus ou moins discrètement partie de mon univers musical, depuis la découverte de Diabologum, groupe gentilment pop-expérimental-branchouille-foutraque sur les deux premiers albums et qui se révélera tout simplement génial sur son troisième opus.

Je n’avais vu jusqu’à maintenant Michel Cloup qu’une seule fois sur scène, au sein de Diabologum, pour un concert bâclé en 45 minutes d’un groupe en voie de décomposition avancée.

Depuis quelques années, il forme un duo avec Patrice Cartier, dans une formule brute et abrupte (guitare, voix et batterie). C’est ce duo qui a joué sur scène hier soir à la Gaîté Lyrique, augmenté sur certains morceaux de Pascal Bouaziz (Mendelson), de Françoise Lebrun, avec qui Michel Cloup semble avoir tissé une relation artistique forte depuis la mise en musique du monologue de Veronika dans La Maman et le Putain sur le troisième album de Diabologum, et de Béatrice Utrilla pour les projections vidéo.

Le duo joue sur scène l’intégralité de son dernier album – Minuit dans tes bras –  ainsi que quelques titres forts du précédent. La formule guitare batterie sonne à merveille : ca claque, c’est sec et puissant et accompagne à merveille les textes ciselés de Michel Cloup dont il faut bien dire que c’est probablement un des meilleurs paroliers que le rock français ait connu, de par son orgininalité et la portée quasiment universelle des thèmes, probablement autobiographiques, qu’il aborde. Son apport, sans oublier celui de Pascal Bouaziz, merite d’être réévalué, surtout quand on voit la presse musicale s’extasier devant ces jeunes fauves aux dents longues qui tentent actuellement un hold-up des consciences avec des textes vulgairement clinquant et suintant de colère factice.

Parmi les moments forts du concert, on notera la reprise avec Pascal Bouaziz du diptyque Ville Nouvelle / Nouvelle Ville, étouffant de tension, l’introduction apocalyptique de Minuit dans tes bras #2 et une version minimale de Notre Silence jouée au milieu du public en fin de rappel.

Pour ceux qui ne sont pas loin, voici les prochaines dates de la tournée du duo :

19/02/2014 – La Route Du Rock collection hiver, L’Antipode – Rennes (35)
20/02/2014 – Théâtre de la ville – Mayenne (35)
21/02/2014 – L’Astrolabe – Orléans (45)
27/02/2014 – Théâtre Garonne, soirée « Nous Vieillirons Ensemble » – Toulouse (31)
14/03/2014 – Le Sonic – Lyon (69)
13/03/2014 – Le Temps Machine – Tours (37)
11/04/2014 – Les Trinitaires – Metz (57)
19/04/2014 – La Condition Publique – Roubaix (59)

Quelques disques qui auront marqué 2013

Cette liste, forcément partiale et incomplète, tente de synthétiser quelques émois discographiques de l’année. Il manquera peut-être un disque aussi fort que celui de Lucio Capece l’an dernier et on constatera qu’elle contient pas mal de noms confirmés ou de rééditions…

Mohammad – Som Sakrifis (PAN)
Dedalus / Antoine Beuger / Jürg Frey (Potlatch)
Heddy Boubaker – DiG! (Petit Label)
Body / Head – Coming Apart (Matador)
Okkyung Lee – Ghil (Ideologic Organ)
Igor Wakhévitch – Let’s Start (Fauni Gena)
Dennis Johnson – November (Penultimate Press / Irritable Hedgehog)
Phill Niblock – Touch Five (Touch)
Kevin Drumm – Tannenbaum (Hospital Productions)
Kevin Drumm – The Kitchen (Bocian Records)
Mendelson (Ici d’ailleurs)
Keiji Haino / Jim O’Rourke / Oren Ambarchi – Now While It’s Still Warm Let Us Pour In All The Mystery (Black Truffle / Medama Records)
The Dead C – Armed Courage (Ba Da Bing)
La Morte Young (Dysmusie / Up against the wall, motherfuckers!)
Bernard Parmegiani – De Natura Sonorum (Recollection GRM)
François Bayle – L’Expérience Acoustique (Recollection GRM)