Une année 2015

Universal Consciousness.jpegMelody Silence Pole.jpeg Colonial Donuts.jpeg Tacet.jpeg Gruidés.jpeg Kannon Simple Songs.jpeg Mishima Day & Night.jpeg Brace the wave.jpeg Essais Intégrale.jpeg Le Verdouble.jpeg Split.jpeg 30 Minutes.jpegTaarang

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Potlatch – Jacques Oger

P1020122On trouvera en suivant ce lien une très belle et intéressante interview de Jacques Oger, sur son parcours en tant que musicien puis créateur d’un des plus beaux labels de musique expérimentale, Potlatch. C’est aussi l’occasion de dire et redire combien Jacques a été et reste encore à ce jour un passeur et un personnage important de la scène musicale. Et je ne saurais dire combien il a compté dans mes explorations et mes découvertes de ces musiques différentes, en marge, expérimentales. Merci Jacques, et continue aussi longtemps que possible !

http://surround.noquam.com/well-it-could-be-interesting-to-create-a-label/#portrait

Pieza de Escucha III

Cristián Alvear sera en concert en France aux dates suivantes :

28 septembre | muzzix (lille)     http://muzzix.info/LUN19H-Cristian-Alvear-deux-n

11 octobre | théâtre le ring (toulouse)   http://www.theatre2lacte-lering.com/lering/event/concert-cristian-alvear/

13 octobre | instants chavirés (montreuil)     http://www.instantschavires.com/spip.php?article1243

14 octobre | fragments (metz)     https://www.facebook.com/events/1647105905507207/

17 octobre | asile 404 (marseille)     http://asile404.org/ 

Potlatch a publié cette année un CD solo où il interprète une pièce de Michael Piaro : Melody, Silence.

Philippe Robert

Philippe Robert vient d’annoncer sur son blog Impetus Alamanach la fin de toutes ses activités éditoriales (blog, écriture…) C’est l’occasion pour moi de remercier ce grand monsieur, militant des musiques underground et expérimentales mais qui savait aussi mettre à jour des pépites oubliées dans les genres musicaux plus grand public.

C’est probablement dans les Inrockuptibles (à l’époque où il y avait encore des choses intéressantes à lire dans cette revue) que j’ai découvert la plume de Philippe Robert. Puis ce fut surtout dans Revue et Corrigée et dans ses anthologies consacrées au rock, au métal, aux musiques expérimentales, à la musique noire américaine ou à la folk, toutes publiées aux Editions le Mot et le Reste, qu’il m’a permis d’enrichir de manière décisive mes horizons musicaux. Ce blog, un peu délaissé cette année mais qui ne ferme pas encore, lui doit beaucoup.

Benjamin Thigpen – Thread0

Benjamin Thigpen est un musicien et compositeur électroacoustique d’origine américaine mais qui a longtemps vécu, étudié et travaillé en Europe, notamment au GRM et à l’IRCAM. Morceau composé en 2011, Thread0 a été créé entre la Suède et Paris et a été publié dans le septième volume de l’Anthology of Noise and Electronic Music de Sub Rosa.

Si j’a envie d’écrire sur ce morceau, c’est qu’il me semble, et c’est un paradoxe, un morceau de Noise parfait… et c’est d’ailleurs probablement dans ses contradictions que Thread0 révèle sa beauté. Il est admirablement bien architecturé et construit : un long crescendo émerge d’un bouillon de cultures microbiennes, aboutit à un climax s’éteignant petit à petit dans une obscurité parasitaire. Les sons, peu policés et agressifs dans les aigus ne ménagent pas les oreilles de l’auditeur. Le malaise se crée vite. De perverses petites machines vont vous envahir le conduit auditif et peut-être ronger votre cerveau, l’emplir d’un fluide inconnu et vicieux. Le relâchement (soulagement) vers le silence aboutit à une libération totale qui rétablit le cours (presque normal) des choses.

C’est ingénieux, admirablement bien maîtrisé et laisse ébahi la première fois comme au bout de plusieurs dizaines d’écoutes. Claustrophobes et allergiques aux laboratoires, merci de vous abstenir…

Marc Baron – Hidden Tapes

ImpressionOn avait connu Marc Baron saxophoniste, notamment au sein d’un quartet composé de Betrand Denzler, Jean-Luc Guionnet et Stéphane Rives. Il semble qu’il ait quelque peu délaissé l’instrument ces derniers temps pour se jeter corps et âme dans la manipulation et le détournement d’éléments sonores. Le résultat de ces recherches apparait désormais sur un CD publié sur le label Potlatch : Hidden Tapes.

Marc Baron nous présente ici une époustouflant montage issu de vieilles cassettes, de sons glanés ou enregistrés. Il les manipule, triture jusqu’à en extraire la substantifique moelle. Le montage final, d’une redoutable intelligence, cherche à créer une véritable tension (on se référera à cet égard au site web de Marc Baron) qui tient l’auditeur en haleine tout au long des cinq magnifiques plages qui composent ce CD. On y passe allègrement d’une abstraction granuleuse, à des souvenirs lointains de pop songs déformées, de cartes postales sonores (prématurément ?) vieillies à une ébauche de punk rock famélique. Les sons se heurtente, se superposent, se confrontent et se répondent pour finalement promener l’auditeur dans un univers propre qui jaillit entre les oreilles de l’heureux possesseur de ce disque.

Bien sûr, tout ceci n’est pas sans évoquer certains travaux de Jason Lescalleet dont j’ai déjà dit ici tout le bien que je pensais. Force est de constater l’émergence d’une école de la manipulation sonore qui, sans renier l’héritage du GRM, se débarrasse de ses oripeaux élitiste et intellectualisés, et cherche à renouveler l’expérience de la manipulation sonore. Hidden Tapes apporte une pierre majeure à cet édifice en construction.

Potlatch – P214

Lucio Capece – Less is Less – Music for Flying and Pendulating Speakers

LESS IS LESS cover Gill Sans editLa musique de Lucio Capece, même si elle demande beaucoup d’attention et de concentration dans l’écoute, a ceci de particulier dans le monde de l’avant garde qu’elle semble atteindre l’auditeur directement, au plus profond de lui-même, sans grand détour, sans circonvolution, sans théorisation fumeuse ou conceptualisation absconse. Elle en deviendrait presque facile d’accès pour les personnes étrangères ou hermétiques à ce monde.

Less is Less vient confirmer le statut majeur du saxophoniste argentin dans le monde des musiques expérimentales. Et pourtant, ce disque n’est pas le fruit d’un musicien en prise directe avec son instrument, mais est le résultat sonore de la captation de deux installations ou dispositifs sonores constitués de haut-parleurs placés en suspension ou lévitation dans l’air.

La première pièce proposée a été enregistrée dans la cathédrale de Berne. Lucio Capece a réalisé au préalable une captation sonore du lieu, retravaillée et diffusée lors de la performance par trois haut-parleurs suspendus à des ballons gonflés à l’hélium. Une captation en temps réel du son de la cathédrale pendant la performance vient compléter l’installation. Au dessus de ce dispositif, le saxophoniste improvise avec son instrument et module la diffusion. Le résultat est un surprenant drone électroacoustique, riche de nombreux micro-accidents sonores, qui emporte l’auditeur dans un (grand) espace sonore et mental unique.

La seconde pièce, au contraire, propose une expérience beaucoup plus confinée. Trois haut-parleurs sont chacun suspendus à un pendule en oscillation. Deux diffusent des sine waves alors que le troisième diffuse le feedback créé par un magnétophone. L’oscillation du son ajoutée à celle des pendules crée d’intéressants phénomènes acoustiques, y compris sur une (relativement) bonne HiFi. Cette installation a le mérite de renouveler amplement la manipulation des sine waves qui tendait à devenir un lieu commun d’une certaine scène expérimentale minimaliste. Cette installation pendulaire a par ailleurs été utilisée par Lucio Capece lors de sa récente performance à Montreuil le 12 juin dernier.

Inutile de dire que ce disque est fortement recommandé et qu’il constitue à mon sens une introduction idéale au monde de la musique minimaliste telle qu’elle peut se pratiquer au 21ème siècle.

Intonema – INT009