The Ex / Nate Wooley – Les Instants Chavirés – 24 mars 2012

Après maintes reconfigurations, The Ex se présente désormais en formation resserrée (trois guitares, batterie et voix). Terrie sue sur sa guitare, Andy virevolte, Katherina, en gardienne du rythme, groove comme peu de batteurs de punk rock savent le faire et Arnold de Boer, remplace avec gouaille, sans le singer, GW Sok au chant. Les riffs sont toujours aussi tendus, secs comme des triques, les accordages toujours aussi peu orthodoxes. La complicité bruitiste entre Andy et Terrie fonctionne à la perfection sans sombrer dans la redite.

Le concert sera en grande partie consacré au répertoire du dernier disque publié par le groupe, Catch My Shoes, avec en point d’orgue, Eoleyo, un morceau inspiré d’un traditionnel ethiopien, chanté par Katherina.

La formidable énergie dégagée sur scène en fait certainement un des groupes en activité parmi les plus impressionnants à voir en concert.

En première partie, Nate Wooley a exploré quelques horizons sonores de la trompette, torturée, mise en boucle, hurlante, crachant des textures superbes à nos oreilles. Une belle découverte.

Pita – Get Out (Editions Mego)

Réécouté hier soir au casque, ce morceau est toujours aussi grandiose après toutes ces années. Un classique qui fut pour moi l’introduction au monde des musiques bruitistes. L’espace sonore créé ici me semblait à l’époque infini, source d’explorations et de découvertes potentielles multiples.

Daunik Lazro – Some other zongs (2011)

Une bonne dizaine d’année après Zong Book (Emouvance), Daunik Lazro revient à l’exercice discographique en solo, cette-fois au saxophone baryton uniquement. Ce disque a été enregistré pour partie à l’Europa Jazz Festival du Mans en 2010 et à l’Eglise Saint-Merri à Paris en février 2011.

On ne répétera jamais l’importance séminale de ce saxophoniste, qui fait plonger les racines de sa musique dans le blues et le free jazz, mais s’exprime libre de toute attache et de toute convention. Daunik Lazro, c’est une sorte de malentendu vivant, un musicien trop libre pour ceux qui aiment le jazz (où plutôt qui croient l’aimer), et un grand frère discret des musiciens de la scène improvisée francophone.

Ce disque commence par une belle reprise d’un thème de Joe McPhee. Daunik Lazro nous accueille ainsi doucement dans son univers, par cette invitation à s’asseoir, se détendre avant d’entrer dans le vif du sujet. Car le baryton va vite s’exprimer dans des boucles au registre rauque, avant de monter dans les aigus, s’apaiser, repartir dans des envolées furieuses. Le morceau de choix est la sixième pièce, la plus longue, qui dans sa magnifique retenue, offre une sorte de synthèse des possibles, du silence au cri.

On notera la belle prise de son faite à l’Eglise Saint-Merri qui restitue discrètement la réverbération naturelle du lieu.

Ayler Records – AYLCD 123