Seijiro Murayama / Stéphane Rives – Axiom For The Duration (2011)

Seijiro Murayama percussion
Stéphane Rives saxophone soprano

Axiom for the Duration. Je m’arrête rarement sur les titres donnés aux disques de musique improvisée car cela me semble souvent un peu trop téléphoné. Et puis parfois, une jolie trouvaille peut sortir du lot – comme ce Placé dans l’air chroniqué ici récemment. Arrêtons-nous donc sur ce que ce titre peut signifier et ouvrons le Petit Robert (en partant du postulat qu’une traduction littérale de l’anglais suffise).

Axiome : 1. Vérité indémontrable mais évidente pour quiconque en comprend le sens (principe premier), et considérée comme universelle. 2. Proposition admise par tout-le-monde sans discussion (incluant le postulat). 3. Proposition admise à la base d’une théorie (mathématique, logique), relation entre les notions premières de la théorie, choisie arbitrairement.

Durée : 1. Espace de temps qui s’écoule par rapport à un phénomène, entre deux limites observées (début et fin). 2. Temps vécu; caractère des états psychiques qui se succèdent en se fondant les uns dans les autres (opposé au temps objectif, réel, mesurable). 3. Temps pendant lequel un son ou un silence doit être entendu.

Que peut-on en déduire ? Quel lien avec la musique gravée sur ce disque ? Nous allons essayer d’y venir.

Le temps musical est ici étiré, étendu, continu malgré des évolutions de texture qui apparaissent subrepticement. L’impression dominante est que cette musique, même si le matériau de base est probablement improvisé, a été construite, pensée, par deux architectes sonores qui se relaient et parfois se complètent dans la sculpture de cet espace temporel limité qu’est le CD. Car si axiome il y a, il est avant tout dans l’arbitraire du début et de la fin.

En effet, si nous devons rapprocher cet enregistrement d’une école esthétique, c’est probablement dans la lignée de la Monte Young et du drone qu’il faudrait aller regarder – et peut-être aussi du côté d’AMM, ce qui n’est sans doute pas innocent dans le rapport au temps… Nous avons bien ici une réduction (et un montage) d’espaces sonores bien plus étendus que la durée du disque, dont la seule limite a sans doute été celle physique et mentale des musiciens qui ont été ses créateurs. Le résultat, dans sa continuité, en est saisissant de beauté dès les premières secondes et ce jusqu’à la coupure finale.

Pour ce qui est du contenu sonore du disque, il suffira de dire que Seijiro Murayama travaille principalement la cymbale à l’archet (abolition du temps rythmique ?) alors que Stéphane Rives continue son exploration des registres aigus du saxophone soprano, dans la prolongation de ses deux enregistrements solos ( FibresPotlatch – P303 /  Much Remains to be HeardAl Maslakh Recordings 09). On ne peut être que frappé par la complémentarité des deux approches de l’instrument qui viennent se fondre et se relayer sans créer aucune discontinuité évidente pour l’oreille.

La cymbale et le saxophone comme deux éléments d’une évidente continuité. Qu’y a-t-il à démontrer ? Pas grand chose…

Potlatch – P211

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