Nurse With Wound – Meeting on a Dissecting Table of a Sewing Machine and an Umbrella (1979)

Cultissime à plus d’un titre, ce disque au titre emprunté au Comte de Lautréamont vaut bien un petit arrêt car il n’est sans doute pas loin d’avoir la même aura dans la musique underground que The Velvet Underground & Nico. Il est fort à parier, comme c’est le cas pour son glorieux prédécesseur,  que la plupart de ceux qui l’ont acheté à l’époque de sa première parution ont été actifs d’une manière ou d’une autre dans le champs musical. Un de ceux-là, qui est cher à l’auteur de ces lignes, se nomme Tim Gane, qui, à l’époque, n’avait pas encore créé son laboratoire stéréophonique.

Ce disque, c’est aussi une histoire à la fois banale et extraordinaire, celle de trois types, qui se croisent chez des disquaires d’occasion, et en viennent à partager leurs goûts communs pour les musiques hors normes, plus ou moins barrées. Leurs collections vont se structurer autour de critères bien précis : des morceaux longs, pas de chanson et des pochettes déjantées. Et puis un jour, l’un d’entre eux – Steve Stappleton – croise une vague connaissance qui travaille dans un studio d’enregistrement et qui lui offre une session sauvage, de nuit. Nos trois compères vont s’improviser alors musiciens et enregistrer leur disque idéal, fidèle aux trois critères énoncés ci-dessus.

Sortiront de ces sessions trois belles plages improvisées, dissonantes, pleines de bruit (mais pas forcément de fureur), de guitares déjantées, de claviers bon marché, de piano désaccordé… On y trouvera bien sûr beaucoup de références assumées par ces collectionneurs fous (AMM, le Krautrock parmi celles qui me semblent les plus évidentes).

Malgré ses qualités intrinsèques, ce disque aurait pu rester l’objet d’un culte pour happy fews sans cette idée géniale : inclure dans la pochette la liste des groupes et musiciens dont ils avaient patiemment amassé les disques. Cette Nurse With Wound List, devenue mythique, allait décupler la renommée de l’album.

Nurse with Wound va par la suite continuer à exister en tant qu’entité musicale dont le seul membre permanent sera Steve Stappleton, produisant une bonne dizaine d’album dont aucun n’aura l’aura mythique du premier, malgré l’évidente qualité de ces productions et collaborations.

Jnana Records – United Jnana 2003

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s