Valerio Tricoli / Stephen O’Malley & Anthony Pateras – Les Instants Chavirés – 27 février 2011

Cette  double affiche (d)étonnante d’un dimanche soir d’hiver aux Instants Chavirés valait le détour à plus d’un titre. Je n’avais encore jamais entendu parler de Valerio Tricoli et j’étais curieux de me rendre compte de ce que pouvait donner ce duo composé de Stephen O’Malley et Anthony Pateras.

Valerio Tricoli est un musicien italien basé à Berlin , une ville qui, depuis plus une décennie, nous envoie régulièrement de jeunes musiciens d’avant-garde plus prometteurs les uns que les autres (Alessandro Bossetti, Axel Dörner, Annette Krebs, Andrea Neumann…) Il se présente sur scène avec un kit composé d’un Revox (magnétophone à bandes) et d’électronique.

Son set débute par un énorme bruit blanc, qui va rapidement laisser la place à un travail sur la voix. La voix enregistrée, mais aussi la propre voix de Valerio Tricoli, retravaillée en direct, qui va se faire d’abord susurrante, puis plus vindicative. Le substrat sonore va reprendre de l’ampleur pour un final explosif. Une sorte de trame narrative se dégage rétrospectivement de l’ensemble, ce qui laisse penser que le set n’était pas si improvisé qu’on pouvait l’imaginer de prime abord. L’électroacoustique est aussi une manière de raconter des histoires.

Puis vient le tour de Stephen O’Malley (Guitare) et Anthony Pateras (Piano et électronique). On ne présente plus Stephen O’Malley, membre fondateur du fameux groupe de doom Sun O)). Je dois avouer que je n’ai jamais vraiment écouté ce groupe. Il va donc falloir que je m’y intéresse de plus près. Par contre une pièce de musique électronique ambient (dans l’esprit de ce que peut produire Oren Ambarchi) présente sur le sixième volume de « Anthology of Noise and Electronic Music » du label Sub Rosa avait récemment attiré mon attention. Anthony Pateras, lui,  est un pianiste, improvisateur et compositeur australien que l’on a déjà pu écouter aux Instants Chavirés l’an dernier, développant un jeu de piano préparé énergique.

Stephen O’Malley commence par un drone lourd et grave, vite heurté par un cluster de notes frappées sur le piano. Dès les premières minutes, l’ambiance générale est donnée. Le guitariste privilégiera les tonalités basses alors que le pianiste prendra les aigües. Pateras va parvenir à faire entrer son piano en résonance pour superposer un drone à celui de son partenaire. Chacun prendra un solo avant de nous livrer un final explosif. Le volume sonore est monté assez fort, mais pas assez pour que je me résolve à mettre des bouchons d’oreille car j’avais ce soir-là réellement besoin de sentir cette musique vibrer pour l’apprécier pleinement.

Je ne sais pas si ce duo existera sur le long terme mais il a certainement un fort potentiel à exploiter. Pendant ce concert, mon esprit a aussi commencé à imaginer ce même Stephen O’Malley confronté à Charlemagne Palestine. En ont-ils envie ? Cela pourrait-il donner quelque chose d’aussi excitant ? C’est à voir…

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