Kevin Drumm – Sheer Hellish Miasma – 2002

Kevin Drumm jouait cette semaine aux Instants Chavirés en trio avec Radu Malfatti et Lucio Capece. Pour différentes raisons, je n’ai pu assister à ce concert mais cela m’a donné l’envie de replonger dans la discographie de ce musicien de Chicago. Et je suis retombé sur ce diamant noir, à la brillance inquiétante, avec ses lettres gothiques. J’avais le souvenir d’un très bon disque de noise. Et je n’ai pas été déçu.

Kevin Dumm est à l’origine guitariste mais s’est très vite intéressé à la musique électroacoustique. Il est aussi à l’aise dans la musique minimaliste de Radu Malfatti que dans la noise la plus terrible. Il parait qu’il est aussi fan de Black Metal…

En guise d’apéritif, Turning Point, nous propose 3 minutes de synthés analogiques poussés dans leurs plus extrêmes retranchements. Une sorte de mise en condition pour la suite.

On entre ensuite dans le vif du sujet avec les 19 minutes de Hitting the Pavement, long drone survolé par des nappes aiguës. Une écoute au casque donne l’impression d’être enveloppé dans ces strates d’une densité incroyable.

Et pourtant l’enfer n’arrive que sur la troisième plage – The Inferno – sous la forme d’un hommage appuyé à Merzbow. Ce morceau nous bouscule d’informations, de micro-accidents, de sons saturés à l’extrême aboutissant à un drone industriel qui va s’arrêter sèchement au bout de près de 25 minutes.

Cloudy, conclue cet album dans une ambiance cotonneuse et reposante. On pourrait presque penser que les 3 plages précédentes ne sont qu’une préparation sonore à cet atterrissage en douceur dans une ambiance plus sereine. Cette dernière plage ne serait sans doute qu’anecdotique sans les trois autres mais elle offre à l’auditeur une issue vers le monde extérieur. Pourtant, la porte, ultimes secondes du disques, nous rappelle que l’extérieur pourrait bien se refléter dans le sombre voyage que nous venons d’effectuer.

Editions MEGO – emego53

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5 commentaires sur “Kevin Drumm – Sheer Hellish Miasma – 2002

  1. Petite précision : la version de Sheer Hellish Miasma à laquelle je me réfère est celle éditée par Mego en 2002 (Mego53). Depuis, cet album a été réédité par Editions Mego (emego53) avec un bonus track et un ordre des morceaux différents pour la version vinyle.

  2. Kevin Drumm me fait toujours un peu peur. J’ai du mal à écouter la musique Noise quand elle est trop extrême. Turning Point est en écoute sur youtube. Jusqu’à là tout va bien mais je ne pourrai pas écouter un morceau qui serait du même acabit que les toutes dernières secondes de Turning Point.
    J’ai en revanche beaucoup aimé Imperial Distortion qui est beaucoup plus ambiant.

  3. Hello.
    Kevin Drumm: J’ai énormément lu de papiers sur lui. J.Ghosn en parle très bien, notamment de « Imperial Distortion » dont la pochette m’avait intrigué). Mais je n’ai aucun disque et ai peu écouté son travail. Peut être comme le dit Johan, son noise « extrême » me fait un peu peur !!

    Par contre, la pochette de ce disque, pourtant d’une grande sobriété, m’intrigue…..

  4. mais allez-y !!! ce disque est magnifique. je l’écoute assez peu finalement mais j’y pense très souvent et beaucoup d’autres écoutes me ramènent à lui.

  5. Pingback: Kevin Drumm – Relief | Freesilence

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